Coupe de cheveux, granité et déclaration d'amitié

Lieu archi-commun : on regrette ce qu’on a quitté. Une bête histoire de prise de distance. On voit mieux de loin. Une chance que Caro ne soit pas myope.

Ça fait deux ans qu’elle a quitté Patidour et ses collines tapissées de champs et de vaches. C’est apaisant, la vue des vaches. Leur nonchalance semble à toute épreuve. Caro porte la tasse à ses lèvres, grimace. Le café est froid. Elle voudrait être une vache. Massive, aux cils ourlés de noirs, avec quatre estomacs pour passer sa vie à ruminer, tournant vaguement la tête lorsqu’un motard s’exciterait sur une route en contrebas.

Patidour, village tranquille. Trop. Là-bas, tout le monde se connaît. Des vies humaines étalées à plat sur des hectares et des hectares et des hectares… Les nouvelles s’y propagent à toute vitesse. « La mère de Ludivine, tu sais, celle qui a été en classe avec ta sœur ? Elle est partie ! (Silence pour ménager le suspense, voix murmurée) Avec un autre ! Un homme qu’elle a rencontré sur internet, il paraît. Tu te rends compte ! Quand est-ce que tu reviens ? Ça fait si longtemps… »

Caro a eu sa mère au téléphone ce matin. Les nouvelles voyagent jusqu’à elle. Maintenant, ça l’intéresse. Déménager, c’était quitter le portrait sans surprise que Patidour avait fait d’elle. La fille Bérard. « Non, pas celle qui est devenue docteure. L’autre. À quoi elle ressemble ? Je saurais pas te dire. Elle a rien de particulier. » C’est exactement ça. Caro ne s’est distinguée ni par ses études, ni par sa beauté. Si elle était un chiffre, elle serait le 11,5. Celui de la moyenne de ses bulletins scolaires, assortie à chaque fois d’un commentaire lapidaire : « Moyen ». « Médiocre ». « Passable ».

Alors Caro a pris la tangente. Direction la grande ville. Devenir une autre dans la foule. Ça a marché un temps. Tout était neuf. Elle a trouvé un job dans une boulangerie. Servir du pain aux gens, ça avait du sens pour elle. Le sentiment d’être utile auréolé d’une odeur de baguette tout juste sortie du four. Mais voilà. Ça fait deux ans. Certes, elle n’est plus « la fille Bérard », ou « la sœur de », « l’amie de » ; la ville fait bien son travail d’anonymisation. Mais elle est toujours insignifiante, invisible.

Journée classique : levée six heures, elle boit son café devant Netflix, part travailler. « Une rustique », « deux traditions », « une pas trop cuite s’il vous plaît », « je vais prendre deux pains au chocolat et un croissant. Non l’inverse, pardon. Vous pouvez rajouter un croquant aux amandes ? Non, non, pas celui-là. Celui-là non plus… non plus… encore un peu à gauche… Oui, celui-ci ! », « vous n’avez pas de pain scandinave ? Ah. » Il y a ceux qui récurent le fond de leur sac pour trouver le compte exact en pièces cuivrées, ceux qui s’exaspèrent qu’une machine automatique avale désormais leurs billets. Il y a ceux qui disent « bonjour » et font des sourires, ceux qui oublient de dire « s’il vous plaît ». Ceux qui soufflent, parce qu’ils sont pressés. Il y a les réguliers qui se fendent d’un « vous allez bien ? » C’est gentil. Mais ils s’en vont dès qu’ils sont servis. Déjà, il faut passer au suivant.

Café fini, mais pas envie de rentrer. Elle se renverse sur le dossier de sa chaise. Le pire, c’est cette femme et son mioche. Un sale gosse aux doigts sales. Il les colle TOUJOURS sur la vitre. Puis son nez suit le mouvement et vient s’écraser devant les quiches lorraines. Ça laisse des traces grises et suspectes. Une fois, Caro a osé :

Il ne faut pas mettre tes mains, bonhomme, tu salis la vitre ! 

Le marmot a levé les yeux. Puis il a regardé sa mère. Aucune réaction. Il les a laissées. Caro a ruminé ça durant des jours. Parce que voilà, c’est son gros problème. Elle ne sait pas dire les choses. Alors elle s’est entraînée pendant ses insomnies. « Sois plus ferme ! Tu vas pas te faire marcher sur les pieds toute ta vie, si ? GUEULE UN COUP NOM DE DIEU ! »

Une après-midi, elle était en train de mettre des chouquettes en sachet quand ils sont revenus. Enfin ! Le mioche tenait une barbe à papa. Où la mère avait-elle pu dénicher ça ? Il en détachait d’épais nuages roses qu’il plaquait sur sa bouche glucosée. Ses doigts malhabiles, comme empêtrés par le sucre, se tordaient sur ses dents et ses narines. Il les léchait. Ce jour-là, elle était prête. « Vas-y, je t’attends, mais VAS-Y ! Colle-les sur la vitre, tes petits boudins visqueux ! » Fébrile, elle le regardait lorgner les brownies. Les chouquettes tombaient dans le sac au ralenti, comme les gouttes d’eau d’un robinet dans une maison sinistre. Elle retenait son souffle. Les pupilles du gamin s’étrécissaient de désir devant les cookies et les sablés. Il a avancé d’un pas. La main qui ne tenait pas la barbe à papa, couleur marron-rose, s’est levée, s’approchant lentement de la vitrine. Schpouik. Ça y est, il l’avait fait ! Caro n’a pas perdu une seconde :

Madame, pouvez-vous dire (elle a même pensé à l’inversion du sujet, la politesse avant tout) à votre garçon de ne pas toucher la vitrine ? Cela laisse de vilaines traces.

La génitrice l’a regardée. Lui a souri.

— Un demi-pain complet. Tranché, s’il vous plaît.

Puis elle a regardé son mioche et son sourire est devenu vrai.

— Ça te fait envie ? Tu veux un gâteau ?

Elle s’est tournée vers Caro. Changement de sourire.

— Rajoutez un sablé aux myrtilles.

Les lèvres de Caro tremblaient sous les mots qui s’agitaient à l’intérieur mais qui ne voulaient plus sortir : «  …parce que ça fait pas envie aux clients une vitre pleine de traces et puis après ça sèche et c’est difficile à nettoyer et voyez-vous c’est MOI qui nettoie, espèce de… » Machinalement, elle a saisi un sachet et la pince pour leur servir le biscuit.

La mère, au mioche :

— Si tu fais bien tes devoirs à la maison, tu auras un sablé ! Il faut travailler à l’école si tu ne veux pas avoir un métier insignifiant plus tard.

À Caro, avec un sourire :

— Merci.

Caro n’a rien répondu. La porte de la boulangerie s’est refermée sur eux. La pince à gâteaux gisait dans sa main, pointée en l’air comme une arme inutile.

— Tu veux un autre café, ma belle ?

 Mehdi, le serveur du bistrot en bas de chez elle, la regarde de ses yeux bleus.

— Non, c’est gentil, je vais rentrer.

— Je te l’offre ! Il n’y a personne, je vais prendre ma pause avec toi.

Elle accepte de bon cœur. C’est l’une des seules personnes qu’elle a rencontrées ici. Comme elle, il sert des gens, sourit aux cons, ferme les yeux sur les vexations. Mais il a d’autres ambitions. Il le lui avait dit, une des premières fois qu’ils avaient discuté ensemble :

— Je veux devenir coiffeur. J’adore les cheveux. Les longs, les courts, les crépus les bouclés ! C’est de l’argile à sculpter ! Des œuvres d’art en puissance ! Tu te rends pas compte de ce que les coupes de cheveux disent des gens qui les portent, c’est incroyable !

Il pourrait en parler pendant des heures. Souvent, ils s’assoient en terrasse et imaginent la vie des passants en fonction de leur coiffure. Caro a fini par lui demander :

— Et la mienne de coupe, qu’est-ce qu’elle dit de moi ?

Mehdi l’a observée un instant. Elle a attendu que le couperet tombe en se tordant les doigts.

— Toujours la même, jour après jour : tu ne te regardes même plus. La forme maintenant : chignon fait à la va-vite. Tes cheveux t’emmerdent, tu penses pratique. Les mèches qui s’échappent sont un peu fourchues. Diagnostic : tu prends pas assez soin de toi. Tu te dévalorises et tu te complais dans ta routine médiocre en pensant que c’est le monde qui est méchant et que tu es une victime. Mais tu ne fais rien pour en sortir.

Ça lui avait mis les larmes aux yeux. C’était raide, mais franc. Il avait ajouté, d’un ton plus doux :

— Je te coupe les cheveux quand tu veux, ma belle.

Il avait raison, bien sûr. La fille Bérard. L’autre. Celle qui n’a rien fait. Mais elle est gentille, ça tout le monde le voit très vite. Son patron n’est pas en reste : « Ça t’embête de fermer ce soir ? Faut que j’aille voir le fournisseur » ou « Je dois récupérer mon gosse, ma femme a une réunion » Etc., etc… Et Caro se réveille en plein milieu de la nuit : « J’aurais dû dire non, j’aurais dû dire non. La prochaine fois je dis non, la prochaine fois c’est sûr. »

Quand elle a fini sa journée, elle rentre la tête pleine des mots qu’elle a trop prononcés : « ce sera tout ? », « avec ça ? » et de ceux hargneux, frustrés, qu’elle n’a pas pu dire et qui tournent dans sa caboche comme des anguilles dans un bocal. Dans son immeuble, les paliers se succèdent et perdent en distinction étage après étage. Elle arrive au dernier, où s’alignent des portes en contreplaqué. Sous ses pieds, l’immeuble craquelle de vies empilées qui ne se connaissent pas. Son studio n’a pas de fenêtres, juste un vasistas. En montant sur une chaise, elle peut sortir la tête et voir les toits à perte de vue. Et la lune, blafarde et solitaire, qui n’a pas vraiment envie d’éclairer tout ça. La kitchenette est minuscule : une plaque près du lavabo en alu. Cordon bleu, salade. Salade, gnocchis à poêler (elle adore). Pâtes carbo, pâtes bolo. Beaucoup de râpé surtout. Netflix, dodo.

Elle en est là de ses réflexions quand Mehdi vient s’asseoir à côté d’elle après avoir déposé deux cafés fumants sur la table.

— Alors, what’s up ma belle ? dit-il en remontant la fermeture éclair de son blouson.

Elle n’a pas envie de répondre : « ben rien », comme d’habitude. Ça suffit.

— Coupe-moi les cheveux.

— Quoi ?

Elle répète, la voix ferme.  Les yeux bleus pétillent de plus belle.

— OUI ! ENFIN ! Je me ramène ce soir avec mes ciseaux et tu me fais à manger ?

— T’aimes les gnocchis ?

On peut aussi trinquer avec deux tasses de café.

Le lendemain, Caro se tient devant le miroir, les yeux collés de fatigue. Elle a peine à y croire. Mehdi lui a ratiboisé le crâne. Coupe à la garçonne, avec une frange à l’oblique qui lui caresse le front. Elle ne se reconnaît pas. Deux yeux marrons la contemplent, interrogateurs. Barrant son sourcil droit, cette cicatrice vieille de quinze ans. Elle se revoit chuter dans le ruisseau en contrebas de Patidour. Elle s’était redressée, trempée. Puis les gouttes de sang s’étaient mises à tomber. Ploc, ploc. C’était beau, cette vie rouge qui se diluait dans l’eau. Et ce même rouge lui monte aujourd’hui aux joues. Elle avait oublié. Le reflet la regarde. Elle se sourit. Hier soir, ils ont refait le monde pendant qu’il lui refaisait le portrait. Ils riaient tant qu’elle en a oublié les gnocchis sur le feu. « Il me faudrait une vraie cuisine, a-t-elle dit, j’en ai marre de manger n’importe quoi. » Sur le chemin de la boulangerie, elle repense à cette soirée, légère. La brise s’immisce entre ses mèches libérées.

— Deux baguettes s’il vous plaît ! Dites donc, vous avez une jolie coupe ! Vous allez chez qui ?, demande une cliente avenante.

Incroyable. Caro sourit, répond que c’est un ami. Les heures passent et il semblerait bien que les choses soient différentes aujourd’hui. Elle a l’impression d’être… Visible.

C’est la cohue en fin de journée. Une file de gens pressés de rentrer chez eux serpente jusqu’au trottoir. Ils piaffent et consultent leurs téléphones d’un œil impatient. Baguette, hop, sachet, caisse enregistreuse, sourire, pain, trancheuse, sachet, sourire, gâteaux, boîte, scotch, carte bleue, sourire, bonsoir, pain complet, sachet… Elle est en train d’attraper une meringue lorsqu’elle aperçoit le mioche derrière la vitre. Il la fixe. Elle se redresse. La mère est à l’entrée de la boutique, cinq clients plus loin, cherchant d’un œil affolé son marmot.

— Kilian ? Kilian ?

Mais le chérubin, décidément bien éduqué à n’écouter personne, se faufile entre les jambes des adultes et inspecte la boulangerie, cherchant sans doute une cible où poser ses petites mains malveillantes.

— Maman ! Je veux ça !

Caro voit la mère se frayer un chemin parmi les clients gênés. Elle trouve son fils devant la machine à granités, qu’il pointe du doigt avec autorité.

— JE VEUX ÇA !

 Elle souffle, fouille dans les profondeurs de son sac à main. Un paquet de mouchoirs tombe au sol. Elle jette un œil à droite et à gauche. Non, personne ne va le ramasser pour elle. Elle se baisse, exaspérée. Caro continue de servir son client tout en surveillant la scène. L’atmosphère s’est chargée d’électricité.

— Comment ça marche, cette machine ?

 Est-ce à Caro qu’elle s’adresse ? Celle-ci fait mine d’ignorer la question, s’appliquant à coller le morceau de scotch pile au milieu du carton à gâteaux. Le client, devant elle, lui murmure dans un sourire :

— Pas facile tous les jours, hein ?

— Hé oh ? s’impatiente la mère.

Caro relève la tête, les joues rouges.

— Il faut insérer la monnaie dans la fente et ensuite vous appuyez sur le bouton correspondant au parfum de votre choix.

— JE VEUX UN GRANITÉ !

Les pièces de monnaie clinquaillent en s’introduisant dans la machine, qui se met à vrombir. Un gobelet XXL fait son apparition sur le socle, à la grande joie du marmot.

— Ouaiiiiis !

Sa boisson en main, le gamin reprend son inspection.

— Vous avez des couvercles à disposition pour fermer le verre, prévient Caro.

Peine perdue. Du granité couleur coca s’écrase en filets sur le carrelage. Les clients s’écartent. Il boit encore. Sa bouche se macule de liquide poisseux. Mais le verre, trop grand pour lui, bascule dangereusement. Schpouik, schpouik. Caro ne voit plus que les gouttes qui éclaboussent le sol. Il s’essuie la bouche de la main. Oh non. La mère pianote nerveusement sur son téléphone en attendant son tour, indifférente. Plus que deux clients avant elle. « Trois baguettes ? Tout de suite, monsieur ». Le gosse s’approche de la vitrine. Il lui jette un regard. Ses lèvres s’étirent dangereusement. Caro tremble. Il va recommencer. Il est tout près. Lorgne la part de pizza solitaire d’un œil torve. Sluuuurp. Une trainée de granité coule le long de son menton. Coup d’œil à Caro, puis à la pizza. La traînée sombre se détache. Il s’approche encore. Ses narines, maculées d’un mélange de granita et de morve, frémissent à la vue des lardons et des champignons qui gisent sans défense sur la croûte dorée. Il n’est plus qu’à quelques centimètres de la vitre. Sa main humide et tachée se lève. Seule la mère, les yeux rivés sur son écran, ignore la scène. Le petit nez est sur le point de se coller contre le verre…

Caro pose le terminal de carte bleue qu’elle avait en main et rejoint le côté client. « Excusez-moi, pardon ». Elle se fraye un chemin jusqu’au gosse et lui dérobe le gobelet. Il ouvre des yeux tout ronds.

— Regarde ce qui arrive quand on en met partout, dit-elle d’une voix basse mais ferme.

Alors, elle se poste devant la mère, lève bien haut le verre et lui renverse sur la tête. Le liquide poisseux tombe sur les cheveux raides et blonds, masque une seconde le regard abasourdi de la femme, puis se répand en grappes visqueuses sur ses épaules et son décolleté.

Dans un silence assourdissant, elle commence à trembler, incrédule. Sa bouche s’ouvre mais aucun son n’en sort. Ses yeux s’écarquillent démesurément. Quant au gosse, sa stupeur se mue rapidement en sourire. Il adore, visiblement, ce qui est en train de se passer.

— Dehors, dit Caro. DEHORS !

Personne ne moufte. Tous fixent la femme recouverte de cette purée marron qui n’en finit pas de couler. Elle prend soudain conscience de l’humiliation et fuit à toute vitesse, emportant le mouflet par le bras.

— Laissez-moi une petite minute pour passer un coup de serpillière et je suis à vous, dit Caro à l’assemblée médusée.

Une vieille dame lui dit peu après, au moment de payer :

— Et bien dites donc, vous en avez du caractère !

Elle lui sourit avant de s’en aller.

Caro raconte la scène à Mehdi, le soir venu. Il n’en croit pas ses oreilles.

— Non ! Toi tu as fait ça ? Mais t’es folle ! J’adore !

— Tu veux ma théorie ? C’est ma nouvelle coupe de cheveux. Ton coup de ciseaux a dû m’ensorceler !

— Mais t’as pas peur de te faire virer ?

Caro remue son café.

— Si. C’est ce qui va sans doute arriver d’ailleurs. Mais je ne regrette pas. Ce que j’ai fait tout à l’heure… J’arrive toujours pas à y croire, je me suis sentie…

Elle lève vers Medhi des yeux presqu’effrayés.

— Comme si c’était moi qui décidais. Moi, tu comprends ? C’était… Extraordinaire. La pauvre femme, quand j’y pense…

— Si ça se trouve, tu lui as rendu service ! Qu’est-ce que tu vas faire ?

— Je sais pas trop. Pas sûr que ça rapporte beaucoup de balancer des granités sur la tête des gens.

Elle glisse, presque gênée :

— M’acheter des crayons de couleur. J’ai envie de me remettre à dessiner. Quand je t’entends parler de coiffure avec tant de passion, ça me fait envie. Et puis, je vais retourner à Patidour. J’ai besoin de prendre du recul. J’en peux plus de ce studio, il faut que je déménage.

— Tu veux partir ?

Dans la voix de Mehdi, un soupçon d’inquiétude.

— Mais non ! Juste changer d’appart’. Pourquoi, je te manquerais ?

Elle cligne de l’œil, comme si c’était improbable. Il commence à la connaître. Alors, il la regarde droit dans les yeux et lui répond :

— T’es unique, ma belle. Dis, une coloc avec moi, ça te tenterait ?

Les larmes lui montent aux yeux. Une coupe de cheveux, un granité et une déclaration d’amitié : c’est la plus belle des journées.

 

 

FIN

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Drômoise d’origine et Grenobloise d’adoption, je suis devenue professeure de français après avoir validé un doctorat en lettres modernes. Le carnet toujours dans le sac, entre un cours et une sortie en montagne, j’écris sur ce qui me pique et m’interroge. Les incohérences et les paradoxes de notre monde brinquebalant, notre rapport aux autres, au temps, sont des sujets qui m’intéressent particulièrement. Et selon l’humeur, c’est avec humour, cynisme ou poésie que j’essaie de faire des histoires.

http://eleonore-sibourg.fr/